Renouvellement d'ordonnance
Renouveler une ordonnance, c'est poursuivre un traitement déjà instauré, pas en choisir un nouveau. Le médecin regarde la molécule, le dosage, depuis combien de temps vous la prenez et ce qu'ont montré vos derniers contrôles. Si des symptômes nouveaux apparaissent, ou si aucun bilan récent n'existe, un examen clinique reste nécessaire et un renouvellement n'est pas la bonne voie. Cette page explique quelles informations le médecin attend, pour quels traitements cette démarche convient, où se situent les limites et ce qui se passe ensuite au comptoir de la pharmacie. Le traitement reste évalué et suivi par un médecin.
Ce qu'est un renouvellement, et quand il a sa place
Un renouvellement porte sur un traitement qu'un médecin a déjà instauré, qui est stable et que vous prenez sans problème particulier. La question posée n'est pas de savoir quel traitement vous conviendrait, mais si la poursuite du traitement en cours reste justifiée. Ce sont deux décisions différentes, et seule la seconde peut se prendre sur dossier.
Concrètement, le médecin examine quatre éléments : la molécule, le dosage, la durée pendant laquelle vous la prenez, et ce qu'ont montré les derniers contrôles quand le traitement en exige. Si ces quatre éléments se tiennent et que rien n'a changé de votre côté, la poursuite se défend. Si l'un d'eux manque ou détonne, le médecin le dira plutôt que de prolonger à l'aveugle.
Ce cadre exclut d'emblée une première mise sous traitement. Commencer un antihypertenseur, une statine ou un antidiabétique suppose un examen, des mesures répétées, parfois des analyses, et une discussion sur le bénéfice attendu. Rien de tout cela ne tient dans un formulaire. Un renouvellement prolonge une décision déjà prise par un médecin qui vous a vu ; il ne la remplace pas.
Les informations dont le médecin a besoin
Le questionnaire demande d'abord le nom exact du médicament tel qu'il figure sur la boîte, le dosage en milligrammes ou en microgrammes, la forme, et la façon dont vous le prenez : combien de fois par jour, à quel moment, depuis quand. Une photo lisible de la boîte ou de l'ordonnance précédente évite la plupart des malentendus, en particulier quand plusieurs dosages existent sous le même nom.
Viennent ensuite les éléments qui permettent de juger si la poursuite se défend : les autres médicaments que vous prenez, y compris ceux obtenus sans ordonnance et les compléments, vos allergies, vos antécédents, une grossesse en cours ou envisagée, un allaitement. Ces points ne sont pas du remplissage administratif : ce sont eux qui font apparaître les interactions et les contre-indications.
Selon le traitement, des résultats récents sont attendus. Une tension relevée chez vous ou en pharmacie pour un antihypertenseur, un bilan lipidique pour une statine, une glycémie ou une hémoglobine glyquée et une fonction rénale pour un antidiabétique. Vous pouvez les joindre sous forme de photo ou de document.
S'il manque une pièce, le médecin vous la demande au lieu de trancher sans elle. Vous disposez alors d'au moins sept jours pour la transmettre, vous recevez un rappel, et ce délai est prolongé si vous le demandez.
Les traitements pour lesquels cette voie convient
Il s'agit de traitements chroniques, déjà équilibrés, dont la poursuite s'apprécie sur des éléments objectifs. La pression artérielle et le cholestérol en font partie : un bêtabloquant comme le bisoprolol ou une statine comme l'atorvastatine se poursuivent des années, et ce sont les chiffres, pas les sensations, qui disent si le traitement fait son travail. Le diabète de type 2 relève de la même logique, avec la metformine comme traitement de fond.
D'autres situations se prêtent à une poursuite sur dossier : un bronchodilatateur de secours dans l'asthme, un alphabloquant comme la tamsulosine dans l'hypertrophie bénigne de la prostate, ou un inhibiteur de la PDE-5 comme le sildénafil lorsque le diagnostic a déjà été posé et que la tolérance est connue.
Deux traitements disposent de leur propre parcours, parce que le questionnaire y est différent. Les analogues du GLP-1 utilisés dans le poids passent par /perte-de-poids/, où l'évaluation coûte 29,90 €. La contraception passe par /contraception/, au prix de 24,90 €. Pour tout le reste de cette liste, la demande se fait sur cette page, au prix de 24,90 €.
Quand un renouvellement ne suffit pas
Certaines situations rendent la poursuite sur dossier inadaptée, et le médecin le dit plutôt que de prolonger l'ordonnance. La première est l'apparition de symptômes nouveaux : douleurs thoraciques, essoufflement inhabituel, malaises, oedèmes, perte de poids inexpliquée. Ce ne sont pas des détails à régler en prolongeant un comprimé, ce sont des motifs d'examen.
La deuxième est l'absence de tout contrôle récent alors que le traitement en demande. Poursuivre une statine sans savoir où en est le bilan lipidique, ou un antidiabétique sans glycémie ni fonction rénale connue, revient à signer sans avoir lu. Le médecin demandera alors ces éléments, et si le dossier ne peut malgré tout pas aboutir, la totalité du montant vous est remboursée.
La troisième est un traitement que vous avez interrompu depuis longtemps, ou dont vous avez modifié la dose de vous-même. Reprendre après une interruption prolongée n'est pas une poursuite : c'est une décision neuve, qui appartient au médecin qui vous suit.
Enfin, si vous êtes suivi par un spécialiste qui ajuste le traitement, c'est à lui que la question revient. Il dispose d'éléments dont nous ne disposons pas, et la continuité de son suivi vaut mieux qu'une ordonnance établie à côté de lui.
Ce que nous ne renouvelons pas par cette voie
Les stupéfiants et les substances psychotropes sont exclus par l'article 11, paragraphe 6, de la directive 2011/24/UE : ils ne font pas partie des ordonnances reconnues d'un État membre à l'autre. Cette exclusion est juridique et ne se discute pas. Elle concerne notamment les benzodiazépines, les opioïdes et les somnifères apparentés. Nous n'établissons donc jamais ce type d'ordonnance, quelle que soit l'ancienneté du traitement.
Les antibiotiques relèvent d'un autre raisonnement. Une infection est un épisode nouveau, même si le même antibiotique vous a déjà été prescrit : décider qu'il est nécessaire, puis lequel, suppose d'examiner la personne et parfois d'attendre un prélèvement. L'amoxicilline et la doxycycline ne sont donc pas accessibles ici, ni en première prescription ni en renouvellement.
Les traitements de la dépression et des troubles anxieux ne sont pas évalués sur le marché belge, la sertraline comprise. Ce n'est pas une question de directive, mais de nature de l'évaluation : le risque suicidaire, le dépistage d'un trouble bipolaire et l'organisation du suivi des premières semaines ne se tranchent pas sur un formulaire lu une fois. Adressez-vous à votre médecin traitant ou à celui qui a instauré le traitement.
Enfin, ce qui se délivre sans ordonnance n'a pas besoin de nous. Le paracétamol et la cétirizine s'obtiennent au comptoir, et le pharmacien est là pour conseiller la forme et la durée.
Le document que vous recevez, et ce qui se passe au comptoir
Si le médecin estime la poursuite justifiée, vous recevez par courriel une ordonnance transfrontalière établie selon l'annexe de la directive d'exécution 2012/52/UE. Elle porte votre nom et votre date de naissance, l'identité, les coordonnées et le pays du prescripteur, sa signature, et le médicament désigné par sa dénomination commune internationale, c'est-à-dire par sa molécule plutôt que par une marque.
Ce document n'est pas une ordonnance électronique belge. Il n'entre pas dans Recip-e et n'apparaît pas dans les systèmes belges : il n'y a donc ni code ni numéro à communiquer au comptoir. Vous imprimez le document et vous le présentez au pharmacien avec votre pièce d'identité.
La reconnaissance d'une ordonnance établie dans un autre État membre repose sur l'article 11 de la directive 2011/24/UE. Cela signifie qu'elle a une base juridique, pas que la délivrance soit automatique : celle-ci reste une décision du pharmacien, qui peut refuser, par exemple s'il a un doute sur l'authenticité ou la lisibilité du document, ou si l'ordonnance lui paraît incomplète.
Comme le médicament est désigné par sa molécule, le pharmacien vous proposera la spécialité correspondante disponible dans son officine, qui ne portera pas forcément le nom auquel vous êtes habitué. Le fonctionnement de ce document est détaillé sur /blog/ordonnance-etrangere/.
Validité de l'ordonnance et quantité de médicament
Une ordonnance n'est pas exécutable indéfiniment. La période pendant laquelle le pharmacien peut la servir dépend de ce que le prescripteur y indique et des règles applicables en Belgique, et c'est lui qui la vérifie au comptoir. Si vous avez un doute, posez-lui la question avant de vous retrouver devant un document qu'il ne peut plus honorer.
La quantité suit la même logique que la décision : le médecin prescrit ce qui correspond à une durée qu'il juge raisonnable au vu de votre dossier, et non ce qui vous éviterait de recroiser un médecin le plus longtemps possible. Un traitement chronique se réévalue, et une ordonnance qui couvre une période limitée est précisément ce qui force cette réévaluation.
Le médicament lui-même se paie à la pharmacie ; il n'est jamais compris dans ce que vous réglez ici. Son remboursement dépend des conditions fixées par l'INAMI et c'est votre mutualité qui en décide, pas nous. Certaines catégories ne sont remboursées que dans des indications précises, ce qui explique qu'un même médicament puisse être pris en charge pour une personne et pas pour une autre.
Ce que nous faisons, ce que nous ne faisons pas, et ce que couvre le tarif
Nous ne vendons pas de médicaments et nous n'en expédions pas. Ce que nous proposons est un questionnaire médical et une évaluation par un médecin titulaire d'une autorisation d'exercer polonaise, n° 3211301. Il n'y a pas de consultation vidéo, pas de consultation téléphonique et pas de chat : le médecin lit vos réponses et décide sur cette base.
Ce médecin n'est pas inscrit à l'Ordre des médecins, ne dispose pas d'un numéro INAMI, et nous n'avons accès ni à Recip-e ni à votre schéma de médication belge. Nous ne remplaçons donc pas votre médecin traitant : nous intervenons sur un nombre restreint de traitements déjà installés, lorsque la question posée est celle de leur poursuite.
Ce que vous payez est l'évaluation médicale, et non la remise d'un document. L'évaluation coûte 24,90 € sur cette page. Si le médecin refuse pour des raisons médicales ou légales, le montant vous est remboursé. S'il demande des données complémentaires, vous disposez d'au moins sept jours pour les transmettre, vous recevez un rappel et ce délai est prolongé à votre demande ; si le dossier ne peut malgré tout pas aboutir, la totalité vous est remboursée.
Nous ne promettons ni délai ni résultat. Un dossier complet se traite plus facilement qu'un dossier auquel il manque une pièce, mais la décision appartient au médecin et elle peut être négative. Le détail de ce que couvre le tarif figure sur /blog/prix-ordonnance-en-ligne/.
Quels documents faut-il ?
Le nom exact du médicament tel qu'il figure sur la boîte, son dosage et la façon dont vous le prenez, idéalement avec une photo de la boîte ou de l'ordonnance précédente. Ajoutez la liste de vos autres médicaments, vos allergies et vos antécédents. Selon le traitement, des résultats récents sont attendus : tension, bilan lipidique, glycémie ou fonction rénale. S'il manque une pièce, le médecin vous la demande.
Pour quels médicaments ?
Pour des traitements chroniques déjà équilibrés : tension et cholestérol, diabète de type 2, asthme, hypertrophie bénigne de la prostate, troubles de l'érection. Les analogues du GLP-1 utilisés dans le poids passent par /perte-de-poids/ et la contraception par /contraception/. Sont exclus les stupéfiants et les psychotropes, les antibiotiques, les traitements de la dépression et de l'anxiété, ainsi que toute première prescription.
Combien de temps cela prend-il ?
Nous ne promettons pas de délai. Le médecin lit le dossier et décide ; un dossier complet avance plus facilement qu'un dossier auquel il manque un résultat. S'il demande une pièce complémentaire, vous disposez d'au moins sept jours pour la transmettre et ce délai est prolongé à votre demande. Le résultat n'est pas acquis d'avance : la poursuite peut être refusée pour un motif médical ou légal.
Toutes les pharmacies acceptent-elles ?
Non, et personne ne peut vous le garantir. La reconnaissance d'une ordonnance établie dans un autre État membre repose sur l'article 11 de la directive 2011/24/UE, mais la délivrance reste une décision du pharmacien, qui peut refuser en cas de doute sur l'authenticité ou la lisibilité du document. Présentez l'impression avec votre pièce d'identité et, si vous le pouvez, appelez l'officine avant de vous déplacer.
Quel est le prix ?
L'évaluation médicale coûte 24,90 € sur cette page, et 29,90 € pour un traitement du poids via /perte-de-poids/. Ce montant couvre l'évaluation, jamais le médicament : celui-ci se paie à la pharmacie et son remboursement dépend des conditions fixées par l'INAMI, décidées par votre mutualité. En cas de refus pour un motif médical ou légal, le montant vous est remboursé.
Cette ordonnance apparaît-elle dans mon dossier belge ?
Non. Vous recevez par courriel une ordonnance transfrontalière conforme à l'annexe de la directive d'exécution 2012/52/UE. Elle n'entre pas dans Recip-e et n'apparaît pas dans les systèmes belges : il n'y a ni code ni numéro à donner au comptoir. Vous présentez l'impression au pharmacien avec votre pièce d'identité. Pensez à signaler ce traitement à votre médecin traitant, pour que votre suivi reste cohérent.